| L | Ma | Me | J | V | S | D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| « sept | ||||||
| 1 | 2 | |||||
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
| 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 |
| 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 |
| 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 |
- Clin d'oeil (1)
- réaction (4)
- reflexion (12)
- 1.9.2008: Mort de Solyenitsin ou la conspiration du silence :
- 27.7.2008: Rêve d’enfant en terre Kabyle
- 17.7.2008: Ingrid Betancourt ou la Chronique d’une libération annoncée
- 24.2.2008: La laïcité et la Loi de 1905
- 5.2.2008: Pauvre Karl
- 9.1.2008: L'artiste et le rêve
- 26.12.2007: Le chant des walkyries et l’Etat Providence
- 23.11.2007: Droit et civilisation
- 29.10.2007: La mise à mort du discours, dans le monde de l’incommunication et de la télévision
- 1.10.2007: La vie de Moine
Archive de l'auteur
Mort de Solyenitsin ou la conspiration du silence :
1.9.2008 by alexdevalera.
Celui qui n’en faisait qu’à sa tête est parti en tirant sa révérence. Son départ a été assez discret, il a été accompagné d’une sorte de gêne, d’hésitation à son égard, comme s’il s’agissait de quelqu’un dont on connaît l’existence et le visage sans savoir vraiment quoi penser sur lui, tellement il a été affublé d’allégations contradictoires qui ne lui correspondaient pas. Solyenitsin a été connu en Occident pour avoir dévoilé l’Archipel du Goulag. Il a été souvent mal compris pour plusieurs raisons : d’une part la gauche et les communistes voyaient l’URSS comme un modèle du socialisme malgré ses résultats négatifs qu’il attribuaient à l’héritage stalinien et d’autre part les éléments de droite ne comprenaient pas la critique sans complaisance de Solyenitsin vis-à-vis du monde occidental.
L’Archipel du Goulag n’est pas un ouvrage de fiction, c’est le témoignage d’un homme qui a été condamné à 8 ans de détention pour avoir émis une critique voilée sur Staline dans sa correspondance avec un ami. Il ne fait que raconter ce qui arrivait à tous ceux qui avaient osé critiquer le système soviétique. À la suite de cette peine et en absence d’un nouveau jugement, il a été déporté à vie, ce qui était courant à l’époque. Au début ses écrits ont circulé de façon clandestine, après ils sont passés à l’Ouest provoquant des réactions allant de l’incrédulité à l’indignation. Il y a des sujets passionnels qui réveillent des blessures anciennes, en outre dans un pays où la gauche, la résistance, la commune et la révolution se confondent en un seul objet, toute remise en question du système communiste avait du mal à passer, elle ne se faisait qu’après coup et à contrecœur quand l’évidence était écrasante.
Il a fallu au moins Prague et Pol Pot pour qu’il soit possible d’élever sa voix contre les tyrannies venues du froid. Solyenitsin était croyant, c’est son regard sur la religion dans un pays comme le notre atteint de « syndrome disfonctionnel de la laïcité », qui l’a aliéné d’une partie du public en France. La pensée qu’il devait exister un ordre moral au-delà des droits de l’homme et des prévisions juridiques, un sens de l’éthique individuelle venant de la conception de l’être humain en tant qu’être spirituel. « Au-delà de défendre des droits, l’homme doit défendre son âme », « la grandeur d’un peuple n’est pas dans le son des trompettes mais dans le niveau de son développement intérieur dans la grandeur de son âme ». Il a aussi mis en garde le monde moderne en disant que « par la foi dans le progrès, nous avons oublié l’âme ».
Alex de Valera, 31 août 2008
Posté dans réaction | 1 commentaire »
Rêve d’enfant en terre Kabyle
27.7.2008 by alexdevalera.
(bribes d’une conversation dans un café dans le quartier de la Bastille)
« Quand j’étais enfant j’étais gentil, j’aimais rendre service, j’étais souvent premier à l’école. C’est peut-être pour ça qu’on a pensé à moi et qu’on ma fait confiance. Il y avait deux casernes sur mon parcours. J’allais chercher de la viande. Il y avait une femme qui était agent de liaison, c’est elle qui s’occupait des lieux de rendez-vous, de la logistique, de l’approvisionnement des combattants clandestins. Parfois ils venaient à la maison. Ils étaient quatre ou six je m’asseyais à leur côté et ils me laissaient toucher leurs armes. Je les admirais, je voulais être comme eux et je me disais que quand je serais grand je serai l’un d’entre eux. Une fois il y en a un qui m’a dit, tu sais, tous ces camions, les casernes, les avions, tout ça un jour sera à nous, à l’Algérie.
Dans toutes les familles il y avait des visages qu’on ne verrait plus, qui avaient été engloutis dans le tourbillon de la guerre. L’armée française avait bombardé des villages, la répression avait été sanglante, l’humiliation, les arrestations arbitraires, la torture. On vivait de moments forts, dans la peur et l’espoir, toujours en présence de la mort. Enfant je n’ai pas connu autre chose que cette violence de tous les jours, le couvre-feu, les rafales des mitraillettes, le bruit sourd des obus et cette odeur caractéristique de chair brûlée et d’incendie que je ne pourrai jamais oublier. Quand ça se tassait on repartait faire nos devoirs ou jouer un coup. Il n’y avait pas d’autre vie, la vie de tous les jours, c’était la guerre au quotidien.
Des années plus tard ça me paraissait tellement incroyable de pouvoir sortir tard, de marcher dans la nuit sans raser les murs, sans se jeter dans le fossé. A la fin de la guerre, j’ai vu les combattants de l’ombre disparaître et d’autres qui jusqu’à là n’avaient rien fait, allumer le brasier du massacre.
Une fois le FLN au pouvoir, une page avait été tournée. C’était inévitable, une colonisation finit toujours par créer la révolte. L’imposition d’une culture aussi admirable soit-elle, est un viol dans lequel on écrase l’identité de l’indigène. Toutes ces peuplades de l’Europe, ont la mémoire courte, ils avaient de bons arguments sur les bienfaits de la colonisation, mais les descendants des barbares aux confins de l’Empire, loin du monde civilisé : ces Francs, Saxons, et Goths que l’on vendait comme esclaves dans les marchés de la Rome Impériale ne pouvaient pas ignorer au fond d’eux-mêmes que tout être humain aspire à son auto-détermination, que les êtres et les peuples ont le droit de choisir leur destin et quand ce droit leur est enlevé il le reprennent tôt ou tard et par n’importe quel moyen.
Posté dans reflexion | Aucun commentaire »
Ingrid Betancourt ou la Chronique d’une libération annoncée
17.7.2008 by alexdevalera.
Beaucoup a été dit dernièrement sur la libération d’Ingrid Betancourt, mais presque rien qui permette de comprendre le contexte de son enlèvement, de sa captivité et des événements qui ont conduit à ce qui se passe en Colombie réellement. La plupart de gens ignorent que la Colombie a été le théâtre d’une guerre civile non déclarée depuis l’année 1948, c’est-à-dire 3 ans après la chute de Berlin et la fin du III Reich. En effet, en 1948 le président Jorje Eliecer Gaitan est assassiné, la mort de ce leader populaire, a mis le feu aux poudres et provoqué des émeutes et des soulèvements sanglants. Les règlements de comptes entre « libéraux » et « conservateurs » les affrontements entre groupes armés conduisent à ce que l’on appelait alors « la violencia ».
Le Général Rojas Pinilla prend le pouvoir et entreprend la pacification du pays face aux groupes armés. Les paysans terrorisés quittent leurs fermes et leurs villages en flammes et échouent au cœur des grandes villes : Bogota, Cali et Medellin. Des milliers d’enfants sont dans la rue, les taux de prostitution et de criminalité atteignent des niveaux inconnus jusqu’à là. C’étaient les premières séquelles de la guerre civile, les zones les plus touchées furent les montagnes du Tolima et les plaines. Avec le temps, la motivation politique finit par s’effilocher, chez certains la lutte armée se transforme petit à petit en banditisme.
Il ne se passait pas une semaine sans qu’un autobus bondé de paysans ne soit intercepté dans les montagnes et ses passagers massacrés. C’étaient des bons vieux « Chevrolet » avec des carrosseries en bois, peintes de couleurs criardes en jaune, vert, orange…. Les routes étroites qui serpentaient les montagnes n’étaient pas goudronnées. De loin on les apercevait comme des fils de boue et de gravier surplombant les contreforts de la Cordillera. Les virages étaient parsemés de pancartes avec des têtes de mort en souvenir des innombrables accidents de la route.
Le temps dans les montagnes à plus de 3 000 mètres, rappelle plus Londres à l’automne sous la pluie et le brouillard, que les images exotiques de vacances à la mer des Caraïbes ou au Mexique. Les chauffeurs carburaient au « tinto » (café noir léger et doux) et à l’aguardiente (liqueur anisée contenant un alcool de canne à sucre) ils conduisaient comme les pilotes de l’empire du soleil levant à la vue d’un cuirassé américain et bricolaient leurs engins avec des bouts de fil de fer.
Les passagers étaient des gens humbles, surtout des paysans, des femmes et des enfants, ils se déplaçaient avec leurs cochons ou leurs poules pour les vendre au marché, les indiens ne disaient jamais rien, tant ils ont appris à se méfier des « blancs », les autres parlaient un espagnol avec des formules de politesse de l’ancien empire espagnol et s’adressaient à vous en vous traitant de « vuesa merced ». Il y avait aussi des indiennes avec leurs chapeaux noirs, enfermées dans leurs ponchos et leur mutisme habituel.
Lorsque les « bandoleros » attaquaient un autobus, généralement ils barraient la route avec des troncs d’arbres et lorsque le bus freinait ils en faisaient tomber d’autres à l’arrière pour fermer le piège. Tous les passager étaient décapités à la machette pour ne pas gaspiller les munitions, il y avait deux coupes à la mode en ces temps là : le « corte de franela » (coupe T-shirt) droite vers le bas du cou et le « « corte de corbata » (coupe cravate) laissant la tête reliée au corps avec incision en dessous de la mâchoire pour passer la langue à travers, comme s’il s’agissait d’une cravate. Il paraît que parfois les bandits s’amusaient à jouer au football avec les têtes de leurs victimes. Une fois que tous les témoins potentiels avaient été éliminés ils prenaient tout ce qu’ils pouvaient emporter avec eux et disparaissaient dans la montagne.
Les gens du monde se déplaçaient en voiture, armés jusqu’au dents et si possible en convoi ou sous escorte de l’armée, il y avait des endroits qu’il valait mieux éviter et d’autres où il fallait être en bonne compagnie. Le General Rojas avait obtenu quelques succès, la violence bipartisane s’estompe un peu lorsqu’il obtient que les libéraux déposent les armes. Mais le calme et la sécurité ne reviendront jamais.
Après la violencia, les fils à papa quittent l’université pour prêcher l’évangile de Saint Marx et la lutte des classes aux paysans et aux indiens, eux, qui ne demandaient rien, sauf d’être laissés en paix, se font réquisitionner chez les guerrilleros ou chez les paramilitaires. C’était au comble de la guerre froide, ou les mouvements d’extrême gauche, comme le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) s’inspirant de Lénine, de Mao et de la révolution cubaine, croient pouvoir exporter le modèle cubain sur le continent.
Les atrocités on continué pendant les années soixante, mais le parti communiste colombien s’est doté d’un bras armé : les FARC, regroupant les débris de la guérilla bolivienne, des chefs non communistes comme Manuel Marulanda et des cadres communistes comme Raul Reyes formé en Allemagne de l’Est sous tutelle soviétique. Les FARC vont mener une guerre sans merci au gouvernement de la Colombie. Parallèlement aux FARC, naissent d’autres groupes comme le M19, qui a séquestré 14 ambassadeurs étrangers dont celui des États Unis.
Un nouvel élément va entrer en ligne de compte vers la fin des années soixante, la drogue avait toujours existé en Colombie : les indiens mâchaient de feuilles de coca avec parcimonie pour tenir le coup en portant leurs charges dans les montagnes et les noirs, dans les plantations de canne de sucre fumaient un joint le soir pour se détendre après une journée de dure labeur. Mais, cette activité traditionnelle faisant partie de la culture locale, va devenir le nerf de la guerre. Les narcotrafiquants ont besoin de champs de coca et de protection pour pouvoir cultiver leurs plantations en paix ; les FARC tombent à point nommé, ils contrôlent de vastes territoires et jusqu’à il y a peu de temps, réussissent à tenir l’armée à distance sans coup férir. Après l’échec du Ché Guevara en Bolivie et l’érosion du communisme dans les pays de l’Est il fallait trouver de nouveaux moyens. La fin justifie les moyens et désormais l’impôt sur la drogue va quintupler les ressources de la guérilla. En plus des péages sur les routes, des rançons sur les enlèvements, des attaques à main armée etc. il y aura le pourcentage du trafic de drogue qui contribue à payer la solde, les munitions, les médicaments.
Avec le temps nombre de mouvements armés déposent les armes en échange d’une amnistie et d’une réinsertion. Même le M19 est entré dans la voie démocratique en fondant un parti. Les FARC en revanche, vont continuer leur combat stérile ayant contre eux le 99% de la population. Leur manque de soutien populaire s’explique aisément, à titre d’exemple : en mai 2002, les FARC ont enfermé dans l’église, les habitants du village de Bojaya qui refusaient de payer l’impôt révolutionnaire, puis ils y ont mis le feu faisant 119 morts dont 45 enfants. C’est une action qui rappelle étrangement celle d’Oradour sur Glane et qui prouve que l’horreur n’a pas de couleur politique.
Le Président Pastrana comme beaucoup d’autres, avait essayé de négocier avec les FARC et leur avait donné un territoire grand comme la Suisse, naturellement ces négociations se sont soldées par un échec. Le respect d’un accord étant une faiblesse de petit-bourgeois qu’un tacticien marxiste léniniste ne peut pas se permettre.
Après plus de 50 ans d’insécurité, de violence et d’une guerre civile larvée, voici le contexte dans lequel la sénatrice Ingrid Betancourt a été enlevée, l’intérêt que sa cause a suscité en France, les tentatives diplomatiques de la France, du Venezuela et d’autres n’ont fait qu’aider à un dénouement heureux de cette affaire en créant un terrain favorable en Colombie pour en finir d’une fois pour toutes avec ce fléau de la société. Quant aux polémiques, ceux qui les créent, le font parce qu’ils ne font rien d’autre. Ceux qui agissent n’ont pas de temps à perdre.
Alex de Valera 17 juillet 2008
Sources :
Entretiens avec Luis Caldas, membre des FARC porté disparu.
Entretiens avec Adolfo Leon Rengifo, poète de gauche exécuté par les paramilitaires.
Entretiens avec Alvaro Pio Valencia, frère de l’ancien Président de la Colombie Guillermo Leon Valencia
Wikipedia
Site du journal El Pais
Posté dans réaction, reflexion | Aucun commentaire »
La laïcité et la Loi de 1905
24.2.2008 by alexdevalera.
« Depuis quelque temps, on parle beaucoup de la laïcité en France, peut-être même trop, car la grande majorité des citoyens de ce pays la tiennent pour un acquis définitif. Il ne faudrait donc pas que ce principe essentiel de laïcité, pour des raisons plus idéologiques que républicaines, devienne le fondement d’un intégrisme tout aussi dangereux que l’intégrisme religieux ». Janine Tavernier. (Madame Tavernier est chevalier de la Légion d’Honneur, ex présidente de l’ADFI (Association de Défense des Familles et de l’Individu)
En cette période d’élections municipales on a entendu les ténors de la politique s’adonner à moult marivaudages sur la loi de 1905. Les téléspectateurs et les lecteurs des journaux s’imaginent peut-être que la laïcité est menacée. Ça dépend de ce que l’on entend par laïcité, car au temps où cette loi avait été conçue il y avait déjà un désaccord profond entre deux conceptions de la laïcité : l’une qui serait une forme d’athéisme militant dont le fer de lance était la Franc-maçonnerie du Grand Orient en opposition avec l’Eglise et la France royaliste et l’autre : une laïcité qui favoriserait la neutralité de l’état en matière religieuse et le respect de la liberté de conscience. Dans cette dernière version, l’Etat se bornerait à garantir la liberté des cultes quels qu’ils soient, sans reconnaitre aucune croyance en particulier et n’intervenant vis-à-vis des cultes que lorsque il y a atteinte à l’ordre public.
Voici ce qui dit la loi très exactement :
Article 1er : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes (…) ».
Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte (…) »
Le seul inconvénient c’est que ce texte n’existe que sur le papier, il n’est nullement appliqué dans la réalité car en ce qui concerne l’article 1er, l’Etat ne garantit pas du tout le libre exercice des cultes qui lui déplaisent, (Il a fait une liste des « sectes » dans laquelle il a mis pratiquement tous les mouvements religieux et philosophiques minoritaires, dont les Baptistes du Président Clinton, les Rose-Croix, ou d’autres groupes qui sont reconnus en tant que religion dans les pays voisins. En stigmatisant ces groupes à l’instar des pays totalitaires comme la Chine communiste, la France à violé l’article 1er de la loi de 1905, ainsi que l’article 9 de la déclaration des droits de l’homme qui garantit la liberté de conscience.
En ce qui concerne l’article 2, d’après lequel l’Etat ne finance aucun culte, il faut rappeler qu’à partir de 1907 les églises deviennent la propriété des communes et leur entretien très coûteux sera payé par le contribuable qu’il soit croyant ou non. Plus de 30 000 édifices religieux seront mis gracieusement et sans contrepartie réelle à la disposition de l’Eglise Catholique. Les protestants seront les perdants de cet arrangement, mais en Alsace et en Moselle qui ne faisaient pas partie de la France au moment de la promulgation de la loi, les pasteurs jouiront néanmoins d’un statut particulier assimilé à celui des fonctionnaires et l’entretien des temples sera payé par l’Etat, ce qui représente environ 37 millions d’Euros pour la seule année 2004.
C’est ainsi que l’Etat non seulement finance certains cultes de façon directe ou indirecte mais pire encore il finance la « secte antisectes » « En France, deux associations se partagent ce marché, correspondant aux deux options fondamentales de la société française : l’une est laïque (C.C.M.M.) et l’autre est catholique (U.N.A.D.F.I.) ». A.Morelli (Ibidem)
D’après le principe de la laïcité ce n’est pas à l’Etat de juger les « bonnes » ou les « mauvaises » religions puisque les croyances appartiennent à la sphère privée. Ce principe fait partie non seulement de la loi de 1905, mais aussi des conventions et de la jurisprudence internationale que la France est sensée respecter.
Le gouvernement russe s’est vu infliger un camouflet par la Cour Internationale des Droits de l’homme pour avoir refusé l’inscription de la Scientologie au registre des religions : « les autorités Moscovites, n’ont pas agit de bonne foi et ont négligé leur devoir de neutralité et d’impartialité vis-à-vis de la communauté religieuse de la demanderesse ». (Affaire EGLISE DE SCIENTOLOGIE c. LA RUSSIE (Requête n° 18147/02) STRASBOURG 5 avril 2007 L’Etat russe a dû non seulement inscrire la Scientologie comme religion, mais aussi payer 10 000 € des dommages et intérêts à l’Eglise de Scientologie de Moscou.)
Dans une autre affaire similaire, une enseignante bulgare avait été licenciée à cause de son appartenance au groupe « verbe de vie » considéré comme une secte par le gouvernement de son pays. (Affaire IVANOVA c. BULGARIE (Requête n°. 52435/99) 12 avril 2007 ) « La requérante a aussi demandé 6,000 € au titre du préjudice moral causé par la souffrance émotionnelle qu’elle avait subie par la violation de ses droits (…). Elle a insisté sur le fait qu’à cause des actions des autorités de l’école contre elle, il y avait eu discrimination à son encontre basée sur ses croyances (…). En outre la requérante a prétendu que, à cause des campagnes des media pendant la période, elle avait été victime de discrimination. En conséquence, elle n’avait pas pu trouver du travail pendant longtemps et avait dû commencer à travailler comme commerçante dans un marché ouvert ». La Court a trouvé que les autorités étaient responsables de la violation du droit à la liberté de religion de la requérante, elle a condamné l’Etat Bulgare à payer 589,23 € pour dommage matériel, 4 000 € pour préjudice moral et 2.500 € pour frais et dépens.
En Espagne dans l’affaire de l’Eglise de l’Unification contre le gouvernement,(Eglise chrétienne fondée en 1954 en Corée du Sud par le révérend Sun Myung Moon) la Cour Constitutionnelle en 2001 a décidé que : « l’appellation religieuse ne peut pas dépendre d’un octroi conféré par la grâce des pouvoirs publics ». Jésus de Nazareth, le juif de confession pharisienne né il y a 2008 ans qui a fondé la secte chrétienne, - aujourd’hui Eglise Catholique, (…) - n’aurait pas été admis à l’épreuve ministérielle, accusé d’être « fanatique et sectaire », au vu de l’interminable processus de reconnaissance religieuse, surmonté entre autres par Moon et par l’Eglise de Scientologie. Les Caïphes (Selon le Nouveau Testament, Caïphe est le souverain sacrificateur devant lequel Jésus est conduit après son arrestation. (Matthieu 26:57) obséquieux envers le pouvoir romain, il ne cessa de persécuter le christianisme naissant. Source : Wikipedia. ) d’aujourd’hui auraient été offusqués de l’outrecuidance du subversif prophète chrétien et de ses douze acolytes et auraient envoyé une patrouille de police (…). BEDOYA Juan « La Scientologie n’est plus une secte », El Pais, Madrid, 3 Janvier 2008.
Au moment de la loi de 1905, le paysage des cultes en France se résumait à quatre confessions : le catholicisme, les protestants luthériens, les Églises réformées et le judaïsme. Avec la loi de 1905, l’Eglise Catholique se taille la part du lion malgré l’expulsion des congrégations et autres incidents de parcours, car elle jouit d’un parc immobilier incomparable sans avoir à s’occuper de l’entretien et en outre elle n’a pas des comptes à rendre à l’Etat sur la nomination de ses évêques comme c’était le cas auparavant.
Dans la France d’aujourd’hui, les catholiques pratiquants représentent une infime minorité, face à la majorité de la population constituée d’athées ou de non pratiquants. Voici les conclusions des sondages récents : « En France, on serait passé de 71 % de catholiques en 1994 à 55 % de catholiques en 2007. Mais sur ces 55% de catholiques, seulement la moitié d’entre eux croiraient en Dieu. On peut donc affirmer qu’il y aurait 22,5 % de catholiques convaincus en France. On est bien loin des 40 millions de fidèles avancés par l’Eglise. Pire encore, il n’y aurait que 4 % de catholiques pratiquants, et cela se ressent dans les églises vides que l’on commence à détruire ou transformer en salle polyvalente. Les sans religion seraient passés de 23 % en 1994 à 31 % en 2007. L’Islam entre temps est devenu la deuxième religion de France. En perpétuelle croissance, nous en serions à 5 % de musulmans en 2007 ».(Source : http://atheisme.free.fr/Contributions/Feu_au_vatican.htm)
Il se pourrait qu’au sein du consensus des non croyants qui voient la religion comme une pratique communautaire ou une convention sociale, toute déviance vers une vraie pratique religieuse ou vers une manifestation de la foi provoquerait chez certains une peur irraisonnée de l’autre, une sorte de psychose qui fait que d’un « non-problème » on arrive à en faire une montagne.
On se demande si les membres du Grand Orient et aussi de la commission parlementaire sur les sectes ne devraient pas suivre une psychothérapie de groupe pour les guérir de la paranoïa multiforme et polymorphe de la laïcité menacée.
En prônant la censure de la religiosité en général et la répression vis-à-vis des minorités religieuses, les talibans de la laïcité (Le Monde, 27 octobre 2006. « Les députés de la commission se comportent en talibans de la laïcité ».) ne font que se rapprocher du modèle chinois, sauf que ce modèle n’appartient pas à la laïcité, mais à l’athéisme totalitaire d’Etat. En son temps Vivien s’opposera aux conclusions d’Amnisty International sur les persécutions religieuses en Chine Communiste. Les autorités chinoises ont été très réconfortées par la politique française sur les sectes dans ce domaine et par la visite d’Alain Vivien.
Alex de Valera, février 2008
Posté dans reflexion | 1 commentaire »
Pauvre Karl
5.2.2008 by alexdevalera.
La démarche de la science est d’obtenir un résultat de façon empirique et de pouvoir le reproduire invariablement dans le même contexte. Les essais de Leonard de Vinci montrent bien l’expérimentation, l’épreuve du feu, qui consiste à confronter la théorie à la mise en application.
Marx était-il scientifique ? Non ! En fait Marx était un étudiant de philo égaré qui détestait Platon et qui voulait prouver la suprématie du matérialisme vis-à-vis de sa théorie des idées.
Marx n’a jamais été boutiquier, ni vendeur sur un marché, ni banquier. Il n’avait même pas besoin de travailler pour vivre. Tout ce qu’il a fait était hélas du domaine spéculatif, pas du tout de l’spéculation boursière, mais de l’spéculation philosophique. Sa démarche intellectuelle rappelle la spéculation médiévale sur la nature de Dieu, des anges ou du malin lui-même car elle n’a aucun contact avec la réalité. Elle ne se fonde pas sur l’observation de ce qui existe ni sur l’expérimentation de ce que l’on voudrait créer.
Marx n’a jamais fait une étude de fond sur les relations de production dans des groupes sociaux ou ethniques donnés. Il a décrété une interprétation de l’histoire et décidé que le moteur de l’histoire était la lutte des classes sans avoir lui-même le moindre savoir faire dans le domaine de l’économie et sans aucune recherche scientifique. S’il avait vendu des saucissons au marché le dimanche ou s’il avait pris soin d’expérimenter les modes de production et de distribution des richesses dans des contextes et des groupes déterminés, il aurait pu observer et analyser ses résultats et ses conclusions théoriques auraient été fondées sur des bases solides.
A de V
Posté dans Clin d'oeil | Aucun commentaire »
L’artiste et le rêve
9.1.2008 by alexdevalera.
Un artiste est quelqu’un qui arrive à vous faire rêver, ce n’est pas un rêveur, mais un professionnel du rêve. Il s’appelle Mozart, Chagall ou Chaplin et sa principale qualité est de faire en sorte que les êtres humains ouvrent une fenêtre à un moment donné pour contempler un ciel constellé d’étoiles et constatent qu’à l’intérieur d’eux-mêmes il y a toujours une flamme qui vaut plus que tout l’argent et toutes les choses matérielles de ce monde. C’est notre qualité d’êtres humains, capables d’avoir de sentiments.
A de V 9 janvier 2008
Posté dans reflexion | 1 commentaire »
Le chant des walkyries et l’Etat Providence
26.12.2007 by alexdevalera.
Les nazis cherchaient par l’accouplement de belles walkyries et de beaux guerriers à obtenir une race de seigneurs. Le surhomme évoqué par Nietzche et sans doute assez mal digéré par ces émules du chancelier à moustaches (celui dont il est question dans le film de Charlot, comment s’appelait-il déjà ?) régnant sans pitié sur les esclaves. Bon, tout ça était un peu eugéniste sur les bords, pas très respectueux du genre humain, un peu trop néo-païen à tel point que maintenant on part dans le sens inverse :
Actuellement dans notre société on s’évertue à élaborer le « sous-homme », comment ? par l’idée qu’il faut protéger l’individu et lui évitant de prendre le moindre risque, de faire face à la moindre difficulté et c’est comme ça qu’on arrive à une majorité d’individus incapables de rêver d’un avenir, mais rêvant de devenir fonctionnaires de l’Etat providence. Touchant le RMI et travaillant un tout petit peu au noir, juste ce qu’il faut.
Plus il y aura d’Etat et moins il y aura de prise en charge de l’individu par lui-même. Quand on entend le discours de certains grévistes aujourd’hui en France et qu’on sait quelles sont les conditions de travail dans le reste du monde, notamment dans des pays comme Cuba ou la Chine communiste, on a vraiment envie de rire.
La perte de responsabilité va de pair avec la perte de la liberté, mais la liberté il faut se battre pour l’avoir, il faut la mériter car rien n’est gagné en ce monde et les libertés individuelles dans les pays dits démocratiques, sont grignotées jour après jour. Plus on ira vers l’Etat providence plus on sera soumis à l’esclavage. La question n’est pas « que fait le gouvernement, mais que faites-vous ? »
A de V 26 déc. 2007
Posté dans réaction | Aucun commentaire »
Droit et civilisation
23.11.2007 by alexdevalera.
Il y a toute une série de nuances entre la civilisation et la barbarie, entre le raffinement absolu d’un opéra de Mozart et la barbarie d’un viol dans une cave de banlieue. La civilisation se caractérise avant toute autre chose par le respect de l’être humain et ce respect devrait exister en toute circonstance et envers tout être humain, indépendamment de toute autre circonstance.
Ceci bien entendu fait partie de la déclaration des droits de l’homme mais tant que ce respect, n’est pas appliqué systématiquement, les droits de l’homme restent lettre morte. On croit vivre dans un monde civilisé, dans un monde ou les droits de l’homme sont respectés, mais ceci n’est pas le cas, même ici en France où je le rappelle on a eu un record de condamnations par la cour Européenne des Droits de l’Homme en 2004.
Entre les procès de Nuremberg et le lynchage de Mussolini par la foule il y a un monde, c’est la limite entre la civilisation, l’Etat de droit qui fait un procès régulier à des monstres et la barbarie de la rue qui autoproclame la justice. Des nos jours il y a une autre forme assez basse de barbarie, c’est le lynchage médiatique.
Voir également :
Procédures juridiques dans un état de droit
Posté dans reflexion | Aucun commentaire »
La mise à mort du discours, dans le monde de l’incommunication et de la télévision
29.10.2007 by alexdevalera.
Il y a une matière très prisée dans l’enseignement classique, elle faisait partie du bagage de tout homme politique et de tous ceux qui dans le domaine public devaient travailler le langage parlé ou écrit afin de convaincre un auditoire. Il s’agit de la rhétorique. Elle a disparu il y a bien longtemps de l’enseignement général, elle avait certes des défauts mais elle voulait qu’un discours soit construit, qu’il ait
une certaine logique, qu’il parte d’un point a. en passant par les points b. et c. en avançant progressivement des arguments en tenant compte des objections et des arguments contraires afin de parvenir à une conclusion au point d.
Dans les dialogues de Platon, les discours de Cicéron ou les mémoires du Général De Gaulle il y a un certain art de la rhétorique, une construction du discours, une logique. L’interview télévisée s’attaque aux fondements de la pensée, à la structure même du discours, sous prétexte de brièveté et de concision, on a droit à un spectacle qui met en scène les débris de la pensée car celle-ci ne peut pas se dérouler de façon logique et dans son intégralité, elle va nul part.
Le schéma logique d’un dialogue qui suit les règles élémentaires de la communication pourrait se passer comme ceci :
-
a. question
b. réponse
c. nouvelle question.
Il pourrait y avoir des variantes du genre :
-
a. question
b. réponse (objection – contre argument à l’objection – fin de l’argumentation subordonnée) – reprise de la réponse (retour à b.)
c. accusé de réception ou nouvelle objection et ainsi de suite.
Dans ce type de schéma, il serait sous entendu que la question a un intérêt réel, qu’elle est pertinente et que l’on laisse la possibilité à la personne interviewée de s’exprimer dans un délai raisonnable.
Le schéma typique d’une discussion à la télévision peut prendre la forme suivante :
-
a. question 1
b. amorce d’une réponse à 1
c. on coupe la parole de l’interlocuteur, nouvelle question 2 déstabilisante, qui empêche de répondre à la question 1.
d. essai de réponse à la question 2
e. on lui coupe la parole de nouveau avec la question 3. On ne l’a pas laissé répondre à la question 1 ni à la question 2
f. il essaye de se défendre sur la question 3
g. on donne la parole à quelqu’un d’autre qui veut intervenir dans le débat ou on passe un extrait dans lequel on demande son avis à un passant « que pensez vous de … ? »
Au bout du compte on peut être certain que rien de vraiment intéressant n’a été dit, que quand il y a eu une lueur d’espérance que quelqu’un dise quelque chose de sensé, on l’a coupé tout de suite et finalement aucun sujet n’a été traité réellement. On n’a eu que des bribes effilochées de la pensée désintégrée dans l’ère de l’incommunication.
A de V 29 octobre 2007
Posté dans reflexion | 1 commentaire »
La vie de Moine
1.10.2007 by alexdevalera.
Dans certaines religions il existe une voie qui consiste à fuir les contraintes et les distractions pour chercher Dieu ou la sagesse loin des tentations et des distractions de ce bas monde.
C’est le cas dans la religion Catholique, où Jésus exhortait ses fidèles à le suivre, laissant derrière eux, possessions terrestres, femmes et enfants. Cette pratique s’est prolongée jusqu’à nos jours à travers les communautés monastiques catholiques, orthodoxes et bouddhistes.
Au Tibet, état théocratique, la présence des monastères était très importante avant que ses habitants ne se voient imposer le dogme communiste par les chinois. Leur système de pensée était très différent du système chrétien. Pour les chrétiens la foi prime avant toute autre considération et tout ce qui arrive est la conséquence de la volonté divine, une vie de pénitence et de dévouement à Dieu, en acceptant les épreuves et les souffrances, peut être couronnée par la grâce ; pour les bouddhistes chacun fait son chemin et c’est par son détachement de l’illusion de ce monde et par son propre parcours gouverné par la loi du Karma que l’on arrive à l’illumination. Il est question de l’immortalité de l’âme mais pas du tout de volonté divine. Bouddha est arrivé à la sagesse par sa propre volonté, pas par la grâce divine.
Il y a plusieurs points communs entre les pratiques ascétiques des moines bouddhistes et chrétiens, la plus évidente est la recherche de l’isolement. Pendant qu’un moine prie le seigneur ou médite pendant des longues heures, ce bas monde dans lequel nous vivons continue son cours. Des millions d’êtres humains sont confrontés à la violence, la famine et l’injustice.
La vie du moine suscite l’admiration par sa rigueur, mais son isolement exclue le partage avec ceux qui n’ont pas choisi la même voie. Pire encore, déjà à un échelon moindre, la prêtrise chez les catholiques et les orthodoxes demeure fermée à la moitié des habitants de cette planète : les femmes ! Chez les protestants, les juifs et les musulmans, ceux qui portent le drapeau de la spiritualité institutionnalisée vivent en famille et au cœur de la réalité.
Peut-être que si les femmes avaient eu leur rôle à jouer au sein de la hiérarchie de l’Eglise Catholique et si les prêtres pouvaient se marier, bien des dérives auraient pu être évitées. L’argument selon lequel, un prêtre est plus disponible pour ses paroissiens dans le célibat ne me parait pas très convainquant. Je ne pense pas que l’on puisse connaître la vie sans cette dualité incarnée par l’homme et la femme, sans ce dialogue constant enrichi de points de vue complémentaires, indispensable à la réflexion et à la construction de l’avenir. Je ne crois pas à une sagesse qui ne se forge pas au contact avec la vie. La vie de moine pourquoi pas ?
Mais s’il y a une loi des contraires, une harmonie et une compréhension à trouver comme dans le ying et le yang, ne serait-il pas mieux qu’elle soit le fruit du partage ?
Alex de Valera
Posté dans reflexion | Aucun commentaire »