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- reflexion (12)
- 27.7.2008: Rêve d’enfant en terre Kabyle
- 17.7.2008: Ingrid Betancourt ou la Chronique d’une libération annoncée
- 24.2.2008: La laïcité et la Loi de 1905
- 5.2.2008: Pauvre Karl
- 9.1.2008: L'artiste et le rêve
- 26.12.2007: Le chant des walkyries et l’Etat Providence
- 23.11.2007: Droit et civilisation
- 29.10.2007: La mise à mort du discours, dans le monde de l’incommunication et de la télévision
- 1.10.2007: La vie de Moine
- 24.9.2007: La France et le bateau ivre
La mise à mort du discours, dans le monde de l’incommunication et de la télévision
Il y a une matière très prisée dans l’enseignement classique, elle faisait partie du bagage de tout homme politique et de tous ceux qui dans le domaine public devaient travailler le langage parlé ou écrit afin de convaincre un auditoire. Il s’agit de la rhétorique. Elle a disparu il y a bien longtemps de l’enseignement général, elle avait certes des défauts mais elle voulait qu’un discours soit construit, qu’il ait
une certaine logique, qu’il parte d’un point a. en passant par les points b. et c. en avançant progressivement des arguments en tenant compte des objections et des arguments contraires afin de parvenir à une conclusion au point d.
Dans les dialogues de Platon, les discours de Cicéron ou les mémoires du Général De Gaulle il y a un certain art de la rhétorique, une construction du discours, une logique. L’interview télévisée s’attaque aux fondements de la pensée, à la structure même du discours, sous prétexte de brièveté et de concision, on a droit à un spectacle qui met en scène les débris de la pensée car celle-ci ne peut pas se dérouler de façon logique et dans son intégralité, elle va nul part.
Le schéma logique d’un dialogue qui suit les règles élémentaires de la communication pourrait se passer comme ceci :
-
a. question
b. réponse
c. nouvelle question.
Il pourrait y avoir des variantes du genre :
-
a. question
b. réponse (objection – contre argument à l’objection – fin de l’argumentation subordonnée) – reprise de la réponse (retour à b.)
c. accusé de réception ou nouvelle objection et ainsi de suite.
Dans ce type de schéma, il serait sous entendu que la question a un intérêt réel, qu’elle est pertinente et que l’on laisse la possibilité à la personne interviewée de s’exprimer dans un délai raisonnable.
Le schéma typique d’une discussion à la télévision peut prendre la forme suivante :
-
a. question 1
b. amorce d’une réponse à 1
c. on coupe la parole de l’interlocuteur, nouvelle question 2 déstabilisante, qui empêche de répondre à la question 1.
d. essai de réponse à la question 2
e. on lui coupe la parole de nouveau avec la question 3. On ne l’a pas laissé répondre à la question 1 ni à la question 2
f. il essaye de se défendre sur la question 3
g. on donne la parole à quelqu’un d’autre qui veut intervenir dans le débat ou on passe un extrait dans lequel on demande son avis à un passant « que pensez vous de … ? »
Au bout du compte on peut être certain que rien de vraiment intéressant n’a été dit, que quand il y a eu une lueur d’espérance que quelqu’un dise quelque chose de sensé, on l’a coupé tout de suite et finalement aucun sujet n’a été traité réellement. On n’a eu que des bribes effilochées de la pensée désintégrée dans l’ère de l’incommunication.
A de V 29 octobre 2007
12.11.2007 à 16:31
Mon cher Alex, vaste sujet que cette réthorique qui nous fait défaut, ce que je sais, c’est que, tes discours, tes histoires et tes réflexions vont nous manquer, tout comme tes rires et tes justes regards sur les êtres que nous sommes; pourvu que, un de ces jours, tu n’aies pas grand chose à faire et que, tout à coup, tu te retrouves dans un de ces trains qui partent pour Nantes, et que nous retrouvions notre ami.
Je t’embrasse
Silvina