La laïcité et la Loi de 1905

« Depuis quelque temps, on parle beaucoup de la laïcité en France, peut-être même trop, car la grande majorité des citoyens de ce pays la tiennent pour un acquis définitif. Il ne faudrait donc pas que ce principe essentiel de laïcité, pour des raisons plus idéologiques que républicaines, devienne le fondement d’un intégrisme tout aussi dangereux que l’intégrisme religieux ». Janine Tavernier. (Madame Tavernier est chevalier de la Légion d’Honneur, ex présidente de l’ADFI (Association de Défense des Familles et de l’Individu)

En cette période d’élections municipales on a entendu les ténors de la politique s’adonner à moult marivaudages sur la loi de 1905. Les téléspectateurs et les lecteurs des journaux s’imaginent peut-être que la laïcité est menacée. Ça dépend de ce que l’on entend par laïcité, car au temps où cette loi avait été conçue il y avait déjà un désaccord profond entre deux conceptions de la laïcité : l’une qui serait une forme d’athéisme militant dont le fer de lance était la Franc-maçonnerie du Grand Orient en opposition avec l’Eglise et la France royaliste et l’autre : une laïcité qui favoriserait la neutralité de l’état en matière religieuse et le respect de la liberté de conscience. Dans cette dernière version, l’Etat se bornerait à garantir la liberté des cultes quels qu’ils soient, sans reconnaitre aucune croyance en particulier et n’intervenant vis-à-vis des cultes que lorsque il y a atteinte à l’ordre public.

Voici ce qui dit la loi très exactement :

Article 1er : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes (…) ».

Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte (…) »

Le seul inconvénient c’est que ce texte n’existe que sur le papier, il n’est nullement appliqué dans la réalité car en ce qui concerne l’article 1er, l’Etat ne garantit pas du tout le libre exercice des cultes qui lui déplaisent, (Il a fait une liste des « sectes » dans laquelle il a mis pratiquement tous les mouvements religieux et philosophiques minoritaires, dont les Baptistes du Président Clinton, les Rose-Croix, ou d’autres groupes qui sont reconnus en tant que religion dans les pays voisins. En stigmatisant ces groupes à l’instar des pays totalitaires comme la Chine communiste, la France à violé l’article 1er de la loi de 1905, ainsi que l’article 9 de la déclaration des droits de l’homme qui garantit la liberté de conscience.

En ce qui concerne l’article 2, d’après lequel l’Etat ne finance aucun culte, il faut rappeler qu’à partir de 1907 les églises deviennent la propriété des communes et leur entretien très coûteux sera payé par le contribuable qu’il soit croyant ou non. Plus de 30 000 édifices religieux seront mis gracieusement et sans contrepartie réelle à la disposition de l’Eglise Catholique. Les protestants seront les perdants de cet arrangement, mais en Alsace et en Moselle qui ne faisaient pas partie de la France au moment de la promulgation de la loi, les pasteurs jouiront néanmoins d’un statut particulier assimilé à celui des fonctionnaires et l’entretien des temples sera payé par l’Etat, ce qui représente environ 37 millions d’Euros pour la seule année 2004.

C’est ainsi que l’Etat non seulement finance certains cultes de façon directe ou indirecte mais pire encore il finance la « secte antisectes » « En France, deux associations se partagent ce marché, correspondant aux deux options fondamentales de la société française : l’une est laïque (C.C.M.M.) et l’autre est catholique (U.N.A.D.F.I.) ». A.Morelli (Ibidem)

D’après le principe de la laïcité ce n’est pas à l’Etat de juger les « bonnes » ou les « mauvaises » religions puisque les croyances appartiennent à la sphère privée. Ce principe fait partie non seulement de la loi de 1905, mais aussi des conventions et de la jurisprudence internationale que la France est sensée respecter.

Le gouvernement russe s’est vu infliger un camouflet par la Cour Internationale des Droits de l’homme pour avoir refusé l’inscription de la Scientologie au registre des religions : « les autorités Moscovites, n’ont pas agit de bonne foi et ont négligé leur devoir de neutralité et d’impartialité vis-à-vis de la communauté religieuse de la demanderesse ». (Affaire EGLISE DE SCIENTOLOGIE c. LA RUSSIE (Requête n° 18147/02) STRASBOURG 5 avril 2007 L’Etat russe a dû non seulement inscrire la Scientologie comme religion, mais aussi payer 10 000 € des dommages et intérêts à l’Eglise de Scientologie de Moscou.)

Dans une autre affaire similaire, une enseignante bulgare avait été licenciée à cause de son appartenance au groupe « verbe de vie » considéré comme une secte par le gouvernement de son pays. (Affaire IVANOVA c. BULGARIE (Requête n°. 52435/99) 12 avril 2007 ) « La requérante a aussi demandé 6,000 € au titre du préjudice moral causé par la souffrance émotionnelle qu’elle avait subie par la violation de ses droits (…). Elle a insisté sur le fait qu’à cause des actions des autorités de l’école contre elle, il y avait eu discrimination à son encontre basée sur ses croyances (…). En outre la requérante a prétendu que, à cause des campagnes des media pendant la période, elle avait été victime de discrimination. En conséquence, elle n’avait pas pu trouver du travail pendant longtemps et avait dû commencer à travailler comme commerçante dans un marché ouvert ». La Court a trouvé que les autorités étaient responsables de la violation du droit à la liberté de religion de la requérante, elle a condamné l’Etat Bulgare à payer 589,23 € pour dommage matériel, 4 000 € pour préjudice moral et 2.500 € pour frais et dépens.

En Espagne dans l’affaire de l’Eglise de l’Unification contre le gouvernement,(Eglise chrétienne fondée en 1954 en Corée du Sud par le révérend Sun Myung Moon) la Cour Constitutionnelle en 2001 a décidé que : « l’appellation religieuse ne peut pas dépendre d’un octroi conféré par la grâce des pouvoirs publics ». Jésus de Nazareth, le juif de confession pharisienne né il y a 2008 ans qui a fondé la secte chrétienne, - aujourd’hui Eglise Catholique, (…) - n’aurait pas été admis à l’épreuve ministérielle, accusé d’être « fanatique et sectaire », au vu de l’interminable processus de reconnaissance religieuse, surmonté entre autres par Moon et par l’Eglise de Scientologie. Les Caïphes (Selon le Nouveau Testament, Caïphe est le souverain sacrificateur devant lequel Jésus est conduit après son arrestation. (Matthieu 26:57) obséquieux envers le pouvoir romain, il ne cessa de persécuter le christianisme naissant. Source : Wikipedia. ) d’aujourd’hui auraient été offusqués de l’outrecuidance du subversif prophète chrétien et de ses douze acolytes et auraient envoyé une patrouille de police (…). BEDOYA Juan « La Scientologie n’est plus une secte », El Pais, Madrid, 3 Janvier 2008.

Au moment de la loi de 1905, le paysage des cultes en France se résumait à quatre confessions : le catholicisme, les protestants luthériens, les Églises réformées et le judaïsme. Avec la loi de 1905, l’Eglise Catholique se taille la part du lion malgré l’expulsion des congrégations et autres incidents de parcours, car elle jouit d’un parc immobilier incomparable sans avoir à s’occuper de l’entretien et en outre elle n’a pas des comptes à rendre à l’Etat sur la nomination de ses évêques comme c’était le cas auparavant.

Dans la France d’aujourd’hui, les catholiques pratiquants représentent une infime minorité, face à la majorité de la population constituée d’athées ou de non pratiquants. Voici les conclusions des sondages récents : « En France, on serait passé de 71 % de catholiques en 1994 à 55 % de catholiques en 2007. Mais sur ces 55% de catholiques, seulement la moitié d’entre eux croiraient en Dieu. On peut donc affirmer qu’il y aurait 22,5 % de catholiques convaincus en France. On est bien loin des 40 millions de fidèles avancés par l’Eglise. Pire encore, il n’y aurait que 4 % de catholiques pratiquants, et cela se ressent dans les églises vides que l’on commence à détruire ou transformer en salle polyvalente. Les sans religion seraient passés de 23 % en 1994 à 31 % en 2007. L’Islam entre temps est devenu la deuxième religion de France. En perpétuelle croissance, nous en serions à 5 % de musulmans en 2007 ».(Source : http://atheisme.free.fr/Contributions/Feu_au_vatican.htm)

Il se pourrait qu’au sein du consensus des non croyants qui voient la religion comme une pratique communautaire ou une convention sociale, toute déviance vers une vraie pratique religieuse ou vers une manifestation de la foi provoquerait chez certains une peur irraisonnée de l’autre, une sorte de psychose qui fait que d’un « non-problème » on arrive à en faire une montagne.

On se demande si les membres du Grand Orient et aussi de la commission parlementaire sur les sectes ne devraient pas suivre une psychothérapie de groupe pour les guérir de la paranoïa multiforme et polymorphe de la laïcité menacée.

En prônant la censure de la religiosité en général et la répression vis-à-vis des minorités religieuses, les talibans de la laïcité (Le Monde, 27 octobre 2006. « Les députés de la commission se comportent en talibans de la laïcité ».) ne font que se rapprocher du modèle chinois, sauf que ce modèle n’appartient pas à la laïcité, mais à l’athéisme totalitaire d’Etat. En son temps Vivien s’opposera aux conclusions d’Amnisty International sur les persécutions religieuses en Chine Communiste. Les autorités chinoises ont été très réconfortées par la politique française sur les sectes dans ce domaine et par la visite d’Alain Vivien.

Alex de Valera, février 2008

Pauvre Karl

La démarche de la science est d’obtenir un résultat de façon empirique et de pouvoir le reproduire invariablement dans le même contexte. Les essais de Leonard de Vinci montrent bien l’expérimentation, l’épreuve du feu, qui consiste à confronter la théorie à la mise en application.

Marx était-il scientifique ? Non ! En fait Marx était un étudiant de philo égaré qui détestait Platon et qui voulait prouver la suprématie du matérialisme vis-à-vis de sa théorie des idées.

Marx n’a jamais été boutiquier, ni vendeur sur un marché, ni banquier. Il n’avait même pas besoin de travailler pour vivre. Tout ce qu’il a fait était hélas du domaine spéculatif, pas du tout de l’spéculation boursière, mais de l’spéculation philosophique. Sa démarche intellectuelle rappelle la spéculation médiévale sur la nature de Dieu, des anges ou du malin lui-même car elle n’a aucun contact avec la réalité. Elle ne se fonde pas sur l’observation de ce qui existe ni sur l’expérimentation de ce que l’on voudrait créer.

Marx n’a jamais fait une étude de fond sur les relations de production dans des groupes sociaux ou ethniques donnés. Il a décrété une interprétation de l’histoire et décidé que le moteur de l’histoire était la lutte des classes sans avoir lui-même le moindre savoir faire dans le domaine de l’économie et sans aucune recherche scientifique. S’il avait vendu des saucissons au marché le dimanche ou s’il avait pris soin d’expérimenter les modes de production et de distribution des richesses dans des contextes et des groupes déterminés, il aurait pu observer et analyser ses résultats et ses conclusions théoriques auraient été fondées sur des bases solides.

A de V

L’artiste et le rêve

Un artiste est quelqu’un qui arrive à vous faire rêver, ce n’est pas un rêveur, mais un professionnel du rêve. Il s’appelle Mozart, Chagall ou Chaplin et sa principale qualité est de faire en sorte que les êtres humains ouvrent une fenêtre à un moment donné pour contempler un ciel constellé d’étoiles et constatent qu’à l’intérieur d’eux-mêmes il y a toujours une flamme qui vaut plus que tout l’argent et toutes les choses matérielles de ce monde. C’est notre qualité d’êtres humains, capables d’avoir de sentiments.

A de V 9 janvier 2008

Le chant des walkyries et l’Etat Providence

Les nazis cherchaient par l’accouplement de belles walkyries et de beaux guerriers à obtenir une race de seigneurs. Le surhomme évoqué par Nietzche et sans doute assez mal digéré par ces émules du chancelier à moustaches (celui dont il est question dans le film de Charlot, comment s’appelait-il déjà ?) régnant sans pitié sur les esclaves. Bon, tout ça était un peu eugéniste sur les bords, pas très respectueux du genre humain, un peu trop néo-païen à tel point que maintenant on part dans le sens inverse :

Actuellement dans notre société on s’évertue à élaborer le « sous-homme », comment ? par l’idée qu’il faut protéger l’individu et lui évitant de prendre le moindre risque, de faire face à la moindre difficulté et c’est comme ça qu’on arrive à une majorité d’individus incapables de rêver d’un avenir, mais rêvant de devenir fonctionnaires de l’Etat providence. Touchant le RMI et travaillant un tout petit peu au noir, juste ce qu’il faut.

Plus il y aura d’Etat et moins il y aura de prise en charge de l’individu par lui-même. Quand on entend le discours de certains grévistes aujourd’hui en France et qu’on sait quelles sont les conditions de travail dans le reste du monde, notamment dans des pays comme Cuba ou la Chine communiste, on a vraiment envie de rire.

La perte de responsabilité va de pair avec la perte de la liberté, mais la liberté il faut se battre pour l’avoir, il faut la mériter car rien n’est gagné en ce monde et les libertés individuelles dans les pays dits démocratiques, sont grignotées jour après jour. Plus on ira vers l’Etat providence plus on sera soumis à l’esclavage. La question n’est pas « que fait le gouvernement, mais que faites-vous ? »

A de V 26 déc. 2007

Droit et civilisation

Il y a toute une série de nuances entre la civilisation et la barbarie, entre le raffinement absolu d’un opéra de Mozart et la barbarie d’un viol dans une cave de banlieue. La civilisation se caractérise avant toute autre chose par le respect de l’être humain et ce respect devrait exister en toute circonstance et envers tout être humain, indépendamment de toute autre circonstance.

Ceci bien entendu fait partie de la déclaration des droits de l’homme mais tant que ce respect, n’est pas appliqué systématiquement, les droits de l’homme restent lettre morte. On croit vivre dans un monde civilisé, dans un monde ou les droits de l’homme sont respectés, mais ceci n’est pas le cas, même ici en France où je le rappelle on a eu un record de condamnations par la cour Européenne des Droits de l’Homme en 2004.

Entre les procès de Nuremberg et le lynchage de Mussolini par la foule il y a un monde, c’est la limite entre la civilisation, l’Etat de droit qui fait un procès régulier à des monstres et la barbarie de la rue qui autoproclame la justice. Des nos jours il y a une autre forme assez basse de barbarie, c’est le lynchage médiatique.

Voir également :

Procédures juridiques dans un état de droit

Droits fondamentaux

La mise à mort du discours, dans le monde de l’incommunication et de la télévision

Il y a une matière très prisée dans l’enseignement classique, elle faisait partie du bagage de tout homme politique et de tous ceux qui dans le domaine public devaient travailler le langage parlé ou écrit afin de convaincre un auditoire. Il s’agit de la rhétorique. Elle a disparu il y a bien longtemps de l’enseignement général, elle avait certes des défauts mais elle voulait qu’un discours soit construit, qu’il ait
une certaine logique, qu’il parte d’un point a. en passant par les points b. et c. en avançant progressivement des arguments en tenant compte des objections et des arguments contraires afin de parvenir à une conclusion au point d.

Dans les dialogues de Platon, les discours de Cicéron ou les mémoires du Général De Gaulle il y a un certain art de la rhétorique, une construction du discours, une logique. L’interview télévisée s’attaque aux fondements de la pensée, à la structure même du discours, sous prétexte de brièveté et de concision, on a droit à un spectacle qui met en scène les débris de la pensée car celle-ci ne peut pas se dérouler de façon logique et dans son intégralité, elle va nul part.

Le schéma logique d’un dialogue qui suit les règles élémentaires de la communication pourrait se passer comme ceci :

    a. question
    b. réponse
    c. nouvelle question.

Il pourrait y avoir des variantes du genre :

    a. question
    b. réponse (objection – contre argument à l’objection – fin de l’argumentation subordonnée) – reprise de la réponse (retour à b.)
    c. accusé de réception ou nouvelle objection et ainsi de suite.

Dans ce type de schéma, il serait sous entendu que la question a un intérêt réel, qu’elle est pertinente et que l’on laisse la possibilité à la personne interviewée de s’exprimer dans un délai raisonnable.

Le schéma typique d’une discussion à la télévision peut prendre la forme suivante :

    a. question 1
    b. amorce d’une réponse à 1
    c. on coupe la parole de l’interlocuteur, nouvelle question 2 déstabilisante, qui empêche de répondre à la question 1.
    d. essai de réponse à la question 2
    e. on lui coupe la parole de nouveau avec la question 3. On ne l’a pas laissé répondre à la question 1 ni à la question 2
    f. il essaye de se défendre sur la question 3
    g. on donne la parole à quelqu’un d’autre qui veut intervenir dans le débat ou on passe un extrait dans lequel on demande son avis à un passant « que pensez vous de … ? »

Au bout du compte on peut être certain que rien de vraiment intéressant n’a été dit, que quand il y a eu une lueur d’espérance que quelqu’un dise quelque chose de sensé, on l’a coupé tout de suite et finalement aucun sujet n’a été traité réellement. On n’a eu que des bribes effilochées de la pensée désintégrée dans l’ère de l’incommunication.

A de V 29 octobre 2007

La vie de Moine

Dans certaines religions il existe une voie qui consiste à fuir les contraintes et les distractions pour chercher Dieu ou la sagesse loin des tentations et des distractions de ce bas monde.

C’est le cas dans la religion Catholique, où Jésus exhortait ses fidèles à le suivre, laissant derrière eux, possessions terrestres, femmes et enfants. Cette pratique s’est prolongée jusqu’à nos jours à travers les communautés monastiques catholiques, orthodoxes et bouddhistes.

Au Tibet, état théocratique, la présence des monastères était très importante avant que ses habitants ne se voient imposer le dogme communiste par les chinois. Leur système de pensée était très différent du système chrétien. Pour les chrétiens la foi prime avant toute autre considération et tout ce qui arrive est la conséquence de la volonté divine, une vie de pénitence et de dévouement à Dieu, en acceptant les épreuves et les souffrances, peut être couronnée par la grâce ; pour les bouddhistes chacun fait son chemin et c’est par son détachement de l’illusion de ce monde et par son propre parcours gouverné par la loi du Karma que l’on arrive à l’illumination. Il est question de l’immortalité de l’âme mais pas du tout de volonté divine. Bouddha est arrivé à la sagesse par sa propre volonté, pas par la grâce divine.

Il y a plusieurs points communs entre les pratiques ascétiques des moines bouddhistes et chrétiens, la plus évidente est la recherche de l’isolement. Pendant qu’un moine prie le seigneur ou médite pendant des longues heures, ce bas monde dans lequel nous vivons continue son cours. Des millions d’êtres humains sont confrontés à la violence, la famine et l’injustice.

La vie du moine suscite l’admiration par sa rigueur, mais son isolement exclue le partage avec ceux qui n’ont pas choisi la même voie. Pire encore, déjà à un échelon moindre, la prêtrise chez les catholiques et les orthodoxes demeure fermée à la moitié des habitants de cette planète : les femmes ! Chez les protestants, les juifs et les musulmans, ceux qui portent le drapeau de la spiritualité institutionnalisée vivent en famille et au cœur de la réalité.

Peut-être que si les femmes avaient eu leur rôle à jouer au sein de la hiérarchie de l’Eglise Catholique et si les prêtres pouvaient se marier, bien des dérives auraient pu être évitées. L’argument selon lequel, un prêtre est plus disponible pour ses paroissiens dans le célibat ne me parait pas très convainquant. Je ne pense pas que l’on puisse connaître la vie sans cette dualité incarnée par l’homme et la femme, sans ce dialogue constant enrichi de points de vue complémentaires, indispensable à la réflexion et à la construction de l’avenir. Je ne crois pas à une sagesse qui ne se forge pas au contact avec la vie. La vie de moine pourquoi pas ?

Mais s’il y a une loi des contraires, une harmonie et une compréhension à trouver comme dans le ying et le yang, ne serait-il pas mieux qu’elle soit le fruit du partage ?

Alex de Valera

La France et le bateau ivre

Un navire croise la mer, le navire a une destination, le capitaine suit un cap, les officiers de bord, tout le personnel subalternes et les matelots font de leur mieux, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, ils effectuent un travail d’équipe pour que le navire arrive à bon port, malgré tous les obstacles qui se dressent sur leur parcours.

La France est un navire, elle a un capitaine, c’est une galère qui prend l’eau. Le capitaine est en l’occurrence le Président de la République, il a été élu par la majorité de l’équipage. Dans cette galère les rameurs se trouvent des deux côtés du navire, du côté gauche et du côté droit. Lorsqu’un Président est supposé être à gauche les rameurs de droite enfoncent leurs rames dans l’eau et ne rament pas, les rameurs de gauche rament comme des forcenés mais le navire n’avance pas, il tourne en rond dans le sens des aiguilles d’une montre. Quand un Président de droite est élu, les rameurs de gauche font pareil et le navire semble changer de cap pendant un bref instant, mais très rapidement on s’aperçoit qu’en fait il ne fait que tourner en rond cette fois-ci dans le sens contraire.

Après quelques élections, le navire prend toujours de l’eau et il continue de tourner inlassablement en rond. Les arguments avancés contre le capitaine sont toujours aussi fallacieux et il y a même pire, les insultes des adversaires ne sont rien comparés aux trahisons des anciens alliés. On a même vu un capitaine quitter le navire au milieu de la tempête lorsqu’il a été battu au premier tour laissant ses troupes dans le plus grand désarroi, le sens élémentaire du devoir voudrait que ce soit « les femmes et les enfants d’abord » mais là c’était « démerdez-vous ! J’ai d’autres choses à faire » et lorsqu’une femme a osé briguer la candidature suprême, il ose monter un réquisitoire digne d’un inquisiteur contre elle alors que dans le feu du combat il ne lui est arrivé même pas aux talons.

Finalement les idéologies ne sont pas très pratiques pour éviter les icebergs et quand il-y-en a un en vue droit devant, les grèves de l’équipage et les discours tendancieux ne servent pas à grand-chose. Un problème est un problème, une équation est une équation et le problème en question n’a pas 36 000 solutions. Quand il-y-a le feu il faut faire la chaine et l’éteindre, toute autre action relève simplement du comble de la frivolité.

Que le navire finisse par couler ou par arriver à bon port c’est une affaire de tous et chacun a sa part de responsabilité dans l’issue du voyage, mais il-y-a ceux qui parlent et ceux qui essayent de faire quelque chose.

Les habitants d’un pays ont les gouvernants et les épreuves qu’ils méritent, ce n’est pas la faute du libéralisme, du marxisme, de l’église, des Franc-maçons, de la CIA, des immigrés ou du voisin d’en face. Tout compte fait, on ne fait que récolter ce que l’on sème. Heureusement qu’il-y-a des gens, plus nombreux que l’on croit, qui sont convaincus qu’on peut-y faire quelque chose.

Alex de Valera

La désinformation dans la vie quotidienne

(en hommage à Vladimir Volkoff1 )

La désinformation (définition) : Manipulation de l’opinion publique à des fins politiques par des moyens détournés de traitement, d’une information véridique ou non.

A notre époque, après les progrès accomplis dans le domaine tout au long du XXe siècle, la désinformation est omniprésente. L’information est le moindre des soucis et la pression qui peut être exercée par les media sur les individus est intenable. Lorsqu’elle se mêle des affaires en justice, elle pèse de tout son poids sur ses protagonistes : magistrats, forces de l’ordre, témoins et jurés, créant un climat peu propice à l’examen objectif des faits.

Actuellement il est possible de détruire quelqu’un, de lui faire perdre son travail ou de le marginaliser, simplement par la désinformation et grâce à l’aide des media, c’est très pratique et ça évite la lenteur des procédures judiciaires. Par la désinformation, on obtient des condamnations exemplaires sans besoin d’enquête ni de preuves.

La procédure est expéditive, elle se résume à semer le doute sur quelqu’un dont on veut se débarrasser, pour y parvenir la recette est simple : on prend un air justicier et indigné en montrant l’affreux personnage du doigt et en criant au loup. Une fois le processus lancé, les media servent de caisse de résonance et les victimes de la rumeur sont englouties dans le goulag des pestiférés. D’après la sacrosainte liberté d’expression on a toujours le droit de dire ce que l’on pense et il est possible de ruiner la réputation et la vie de quelqu’un sans avoir un procès en diffamation sur le dos.

LA VRAIE MANIPULATION : point de vu des spécialistes :

Voici ce qu’un grand maître de la manipulation pensait de la presse avant de s’en servir lui-même comme outil de propagande afin de façonner l’opinion publique :

« mon premier étonnement fut le peu de temps qui est nécessaire à cette puissance, (…) pour créer une opinion déterminée, (…) en quelques jours, la presse sait, d’un ridicule petit détail faire une affaire d’Etat (…) et inversement, en aussi peu de temps, elle fait tomber dans l’oubli des problèmes vitaux jusqu’à les rayer complètement de la pensée et du souvenir » (…) S’ils ne trouvent absolument rien, malgré tout leur flair, ni dans la vie publique ni dans la vie privée, ils ont simplement recours à la calomnie, fermement persuadés que non seulement quelque chose en restera malgré de multiples rétractations, mais encore que lorsque l’écho aux cent bouches aura fait son œuvre dans quelques journaux complices, toutes les révoltes de la victime resteront le plus souvent sans effet. Voilà la bande qui fabrique « l’opinion publique ». 2

Voici ce qu’en pensait Volkoff3 :

Ces extraits sont tirés de La désinformation vue de l’Est, où Vladimir Volkoff montre le point de vue soviétique sur la société occidentale, les commentaires en italiques appartiennent au politologue Kara-Murza qui regarde l’ouest avec une pertinence remarquable.

« Nietzsche disait déjà : Comme on manque de temps et de sérénité pour la réflexion, on ne discute plus les opinions contraires, on se contente de les haïr » p. 20

La personne n’ambitionne rien d’autre que de penser ce que croient penser les autres personnes lesquelles ne pensent que ce que les media leur enjoignent de penser. C’est une conséquence, qu’on peut trouver pathologique, de l’axiome erroné et fondamental de la démocratie, pour laquelle, la majorité a raison par définition. p. 22

La manipulation est un moyen d’imposer sa volonté en agissant spirituellement sur les gens par la programmation de leur comportement. Kara-Mourza p. 29

En France, nous sommes au pouvoir d’une oligarchie qu’il faudra bien un jour démasquer en tant que telle, la minorité au pouvoir fait tout ce qu’elle peut pour empêcher la dénonciation des « hypnotiseurs » et s’efforce d’empêcher les masses d’accéder à la connaissance des doctrines et des technologies permettant de manipuler leur consciences. p. 31

Pourquoi donc n’avons-nous pas peur de monter en voiture mais avons-nous peur des terroristes ? Avant tout, parce que les puissants de ce monde n’ont pas intérêt à ce que nous ayons peur de l’automobile. C’est pourquoi leur télévision ne nous montre pas du matin jusqu’au soir les cadavres défigurés par des accidents de voitures. Si on les montrait avec autant d’insistance que les résultats des actes terroristes, nous aurions une peur panique de l’automobile. Kara-Mourza cité par Volkoff, p. 33

Il n’y a pas de désinformation sans pouvoir (…) mais il s’avère de plus en plus qu’il n’y a pas à notre époque, de pouvoir sans information, donc sans désinformation. (…) C’est là une des conséquences de nos modes de gouvernement : dans la mesure où le pouvoir s’appuie sur la prétendue opinion publique, il incombe à ce pouvoir de former cette opinion à sa propre image et pour son propre profit. (…) Le tyran commande et ne manipule pas, observe Kara-Mourza et Z. Freire ajoute : « Tant que les opprimés sont pleinement écrasés par la réalité, il n’y a aucun besoin de les manipuler ». p. 37

La manipulation de la conscience, toujours clandestine, prive l’individu de sa liberté bien plus efficacement qu’une contrainte directe. (…) La démocratie n’a guère que le poste de télévision, lequel a l’avantage non seulement de diffuser de la désinformation, mais d’occuper les ondes de manière à empêcher la circulation d’une information plus objective. p.39

Peut-être faudrait-il cesser de nous leurrer, cesser de nous imaginer que nous vivons dans la bonhomie à peine friponne de la Troisième République, que nous sommes libres de voter pour le parti de notre choix, que ce parti tiendra ses promesses et fera triompher nos opinions… Peut-être faudrait-il prendre conscience qu’aujourd’hui nous oscillons entre deux types d’organisation de la vie et on nous pousse avec insistance vers le rivage où la manipulation de la conscience deviendra le principal et presque l’absolu moyen de domination, si bien que, dans quelque temps, ni le problème du choix ni de la lutte ne se poseront plus à nous. p.40

C’est la principale différence et l’incompatibilité de principe de deux mondes : d’un côté, la religion et l’idéocratie dans les sociétés dites traditionnelles ; de l’autre, la manipulation de la conscience dans les sociétés dites démocratiques. p.40

La force des mots

Le mot possède une force magique et donner un faux nom est aussi important dans la manipulation de la conscience qu’à la guerre de fournir de bons papiers d’identité et l’uniforme de l’adversaire à un espion. p.46

Le mythe noir auquel on a réussi à associer ses adversaires (…) ce sont des « inquisiteurs » , des « fascistes » , des « stalinistes » (…) Les adversaires auxquels on a réussi à coller une étiquette sinistre, sont obligés de dépenser beaucoup de forces pour l’arracher. (ibidem)

Orwell et Huxley nous avaient prévenus, maintenant on est dedans, mais il ne faut pas se laisser abattre, il nous faut une vigilance constante, jour après jour, sans prendre quoi que ce soit pour de l’argent comptant, malgré sa source et son apparenté véracité. Ce dont il faut se méfier à tout prix c’est de l’amalgame, du procès d’intention, de la chasse aux sorcières. On a tendance à penser que tout ça n’existe pas, que c’était du temps de l’inquisition, mais non, c’est ici et maintenant.

Alex de Valera septembre 2007

1- Vladimir Volkoff, né le 7 novembre 1932 à Paris, mort le 14 septembre 2005 à Bourdeilles (Dordogne), est un écrivain français d’origine russe. Il est l’auteur prolixe de romans historiques, ayant pour thèmes majeurs la Russie et la guerre d’Algérie, et de romans d’espionnage. Après des études à l’université de la Sorbonne à Paris et à celle de Liège, il a été professeur d’anglais à amiens (1955 - 57). Engagé dans l’armée française (1957 - 1962) pendant la guerre d’Algérie, il a été officier du renseignement, une expérience qui le marque et inspire son oeuvre. C’est là-bas qu’il comprit qu’une guerre ne se joue pas seulement avec des armes en plein soleil, mais dans l’ombre et la nuit, et dans les ambassades. (Wikipedia)

2- HITLER Adolf, Mein Kempf, (Mon Combat), p 46 version française non expurgée.
http:// www.abbc3.com/historia/hitler/mkampf/fra

3- Source : VOLKOFF Vladimir, la Désinformation vue de l’Est, Editions du Rocher, 28 rue Comte Felix Gastaldi, Monaco 19023, 2007. ISBN 978 2 268 06045 3

De la justice

La justice est : « Ce qui est idéalement juste, conforme aux exigences de l’équité et de la raison (…) ce à quoi chacun peut légitimement prétendre (en vertu du droit) ; par extension le service public de la justice. »1 Une société reflète son degré d’évolution, d’après le respect qu’elle accorde à l’individu et à ses droits. La justice est par définition le contraire de l’injustice, elle est le fondement de l’état de droit et le garde-fou contre la tyrannie.

Tout citoyen devrait jouir de la présomption d’innocence, être traité avec respect en cas de détention préventive, être jugé dans un délai raisonnable et avoir un procès équitable, indépendamment de sa fortune, de sa position sociale et de ces appuis politiques. En cas de doute, celui-ci devrait bénéficier à l’accusé et d’après la devise républicaine Liberté, Egalité Fraternité, un jeune beur de banlieue mis en examen, devrait être traité avec les mêmes égards qu’un sénateur ou un académicien.

Saint Thomas d’Aquin disait : « Il peut arriver que celui qui interprète toujours en bonne part ce qui est douteux se trompe le plus souvent. Mais il vaut mieux se tromper souvent en ayant bonne opinion d’un homme mauvais, que de faire très rarement erreur en ayant mauvaise opinion d’un homme vertueux; dans ce dernier cas, on commet une injustice envers le prochain; mais non pas dans le premier. » 2

Un juge de la Cour Suprême de la Californie disait que « L’erreur judiciaire est la hantise des magistrats, elle est inhérente au fonctionnement de l’institution de la Justice, j’ai toujours pensé qu’il valait mieux un coupable en liberté qu’un innocent en prison. (…) Pour dissocier la vérité du mensonge, je fais toujours la part du doute et de la méfiance à tous les témoignages passionnels provenant de domestiques congédiés, d’épouses répudiées, de maîtresses plaquées ou de comptables licenciés. Il subsiste toujours dans ces phalanges d’aigris une volonté de revanche, une amertume active qui se traduit en faux témoignage. Dans un premier temps, la déformation. Dans un second, la diffamation3

Mais la justice malheureusement n’est pas une science exacte, elle est humaine donc imparfaite. Dans un problème de mathématiques nous avons tous les éléments nécessaires pour trouver la solution, dans une affaire de justice en revanche, nombreux éléments du problème sont inconnus, intangibles ou subjectifs, d’où la nécessité de prudence, de méthode et d’impartialité. Bien que l’on puisse être sceptique des améliorations que l’on pourrait appliquer à son égard, il est certain que le fait de concentrer trop de pouvoir entre les mains d’une seule personne comme c’est le cas en France avec le juge d’instruction, facilite l’erreur humaine et les abus de pouvoir.

La France pays autoproclamé des Droits de l’Homme4 en est à 42 condamnations par la Cour Européenne des Droits de l’Homme depuis début 2004, aucune de ces affaires n’a vraiment franchi le barrage médiatique. Il ne s’agit pas de la torture pendant la guerre d’Algérie, ni de la collaboration pendant l’occupation allemande, mais des faits d’aujourd’hui, pour la seule année 2003 elle a eu 76 condamnations pour des raisons diverses dont le mauvais traitement des détenus par les forces de police et la persécution de minorités religieuses, pour les quelles la palme revient à la Chine communiste.

Si la Cour Européenne a condamné la France 76 fois en 2004, cela veut dire que seulement 76 affaires ont remonté jusqu’à Bruxelles et si elles ont été jugées par cette instance, c’est parce que les parties concernées ont eu la ténacité de se battre pendant des années d’abord face aux instances internes. Or il faut savoir que les personnes qui ont la force de volonté et les moyens pour se battre avec l’administration sont rares.

Le rôle de la presse est devenu très important, mais il peut être à double tranchant, sont but véritable est en contradiction avec la justice car elle ne cherche à faire la vérité, elle obéit à d’autres desseins parmi lesquels, les directives du comité de rédaction et le besoin de contenter les actionnaires, dont le but ultime est commercial et non éthique. Pour la presse, il faut créer de l’agitation et de la polémique et parfois les media réussissent par ce biais à engendrer un élan contre la vérité officielle d’un coupable idéal qui arrange tout le monde.

Parfois aussi, un journaliste peut se battre contre vents et marées pour que justice soit faite et réussir à ce qu’une cause soit entendue, mais « la société a du mal à comprendre la clémence de la justice, car l’idée que la justice soit incapable d’éradiquer le mal lui est insupportable »5 la foule aime pendre les condamnés, comme elle aimait jadis les supplices en place de grève, il lui faut un coupable à tout prix.

Le pouvoir se prévaut de la Raison d’Etat quand il veut bafouer les Droits de l’Homme, de cette façon il-y-a des affaires qui tout simplement sont étouffées dans l’œuf, ou des affaires où le poids de la machine est tel, que le pot de terre ne peut rien contre le pot de fer. Le pouvoir se sert aussi du système des fusibles où un pion ou une pièce de moindre valeur est sacrifiée à la place du vrai responsable.

La faiblesse humaine peut-être présente à tous les échelons, chez les policiers et les gendarmes pendant l’enquête, chez le juge d’instruction, chez les magistrats de la cour et les jurés et même au greffe. Il arrive qu’un prévenu soit condamné sans preuves, par la sacrosainte « intime conviction ». Un avocat m’a confié récemment les propos suivants « si le juge d’instruction faisait vraiment son boulot dans la recherche de la vérité à charge et à décharge, on n’aurait pas besoin de nous ». Heureusement qu’il y a des fonctionnaires au sein des forces de l’ordre et du système de la Justice dont le dévouement, l’intégrité et le courage sont sans faille, c’est grâce à eux que le système tient débout.

Contrairement aux caricatures qu’on a fait de l’Inquisition, Un bon inquisiteur comme Jacques Fournier, devenu pape sous le nom de Benoît XII, instruisait son enquête à charge ou à décharge, c’est ainsi qu’il avait condamné Beatrice de Planisoles pour hérésie à une peine légère de prison et à porter des croix de feutre jaunes sur ces vêtements, mais l’avait innocentée de la charge de sorcellerie qui pesait contre elle malgré le fait qu’au moment de son arrestation, on avait trouvé dans sa besace, des objets fort suspects parmi lesquels : deux cordons ombilicaux et des draps entachés de sang. Selon les archives de l’Inquisition, 90% des accusés ont été relaxés ou s’en sont tirés avec des peines légères.6

Finalement après le XXème siècle, période remarquable par ses progrès technologiques, on continue à bafouer la justice allégrement partout dans le monde, même dans des pays comme les Etats-Unis qui se voudrait le garant de la démocratie mondiale où la France qui se prétend le « berceau des droits de l’homme. »

Devant une telle situation il faut se dire que l’Etat de Droit n’existe pleinement qu’à des rares instants de grâce et que son existence est tributaire de notre engagement et de notre vigilance de tous les jours.

Alex de Valera, 8 août 2007

1 D’après Le Vocabulaire Juridique de Gérard Cornu, Presses Universitaires de France, septième édition, Paris, juin 2005.
2 Somme Théologique, II partie, question 6O article 4.
3 Extrait des propos du juge Fenton Jones de la Court Suprême de la Californie dans « Lettre à un juge sans honneur ».
4 Droits de l’Homme : Contrairement à une croyance communément répandue, cette Déclaration n’est pas née en France, mais à Richmond en Virginie. Lorsque le général de Lafayette monte à la tribune de l’Assemblée Nationale le 11 juillet 1789, il ne fait que relire la Déclaration de la Virginie, assortie de quelques corrections apportées par son ami Jefferson.
5 Conversations avec Frère Léonard. Inédit
6 Cf. DUVERNOY Jean, Le registre d’Inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers (1318-1325), ed. lat., Toulouse, Privat, 1965.- Trad. fr. (Civilisation et sociétés 43) Paris-La Haye-Berlin 1978.
LE ROY LADURIE Emmanuel Montaillou, village occitan de 1294 à 1324, Gallimard, 1975.